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Méthodes de barrière cervicale

Les femmes sont physiquement plus vulnérables que les hommes à la transmission du VIH, probablement à cause de la nature du col de l’utérus. Au contraire de l’épithélium vaginal (la surface) qui comprend plusieurs couches de cellules plates, squameuses et résistantes, certaines parties de la surface du col de l’utérus sont faites d’une seule couche de cellules plus fragiles. C’est comme si on parlait ici d’un empilement de lutteurs sumo comparé à des patineurs artistiques.

Chez les jeunes femmes, ces cellules plus fragiles (columnaires) sont encore plus exposées que chez les femmes adultes, ce qui constitue probablement un facteur majeur de la très forte vulnérabilité des adolescentes. De plus, plusieurs cibles visées par le VIH, parmi lesquelles les CD4, sont plus souvent localisées dans le col de l’utérus que dans le reste du vagin. Le passage de fluides infectieux dans le système génital supérieur (également très vulnérable) via le col de l’utérus pourrait être un autre facteur de risque d’acquisition du VIH chez les femmes. Des IST autres que le VIH ont aussi pour cible le col de l’utérus. Par exemple, les bactéries responsables de la gonorrhée et des infections à chlamydiae ne peuvent se répliquer que dans l’épithélium cervical (du col) et non dans l’épithélium squameux du vagin.

Protéger le col de l’utérus pourrait être la solution

Bien que la fragilité du col de l’utérus ne soit pas le seul facteur de contamination du VIH par voie vaginale, les femmes pourraient très probablement réduire leurs risques de contamination avec une protection du col de l’utérus. Les méthodes de barrière cervicale comprennent le diaphragme, la coiffe ou cape cervicale et, dans une moindre mesure, l’éponge contraceptive. Les promoteurs de ces méthodes déjà connues travaillent à en faciliter l’usage.

  • SILCS Diaphragm PATH (Program for Appropriate Technology in Health) a conçu un diaphragme en silicone qui serait plus facile à insérer et à enlever, sans avoir recours à un professionnel des soins.
  • Vendu en Allemagne, le Lea’s Shield est une barrière en forme de coupe avec une boucle pour l’enlever.
  • Les FemCap et Oves Cap sont des variantes de la cape cervicale actuellement disponible en latex.
  • Les éponges contraceptives libèrent du spermicide dans le col de l’utérus et offrent une certaine protection, bien qu’elles ne soient pas complètement imperméables. Deux d’entre elles, Protectaid et Pharmatex, sont disponibles au Canada et en Europe. L’éponge Today devrait être réintroduite sur le marché américain très prochainement.

Le Contraceptive Research and Development Program (CONRAD) finance des études qui visent à démontrer que ces méthodes sont équivalentes à celles qui bénéficient actuellement d’une validation de la FDA pour leur action contraceptive. Cependant, aucune étude n’a à ce jour vérifié que les méthodes de barrière cervicale peuvent réduire les risques de contamination par le VIH, ceci, bien que des études observationnelles aient montré une association entre leur usage et une réduction des risques liés aux autres IST.

Il faut que la recherche détermine si les méthodes de barrière cervicale, utilisées seules ou avec un microbicide, peuvent protéger les femmes de ces maladies dévastatrices. Ces recherches devraient être un composant prioritaire de nos actions de prévention.