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S’organiser pour faciliter l’accès
Bien qu’elles soient à des stades plus ou moins avancés de leur développement, les méthodes de prévention abordées ici sont confrontées aux mêmes obstacles. Les efforts visant à faciliter l’accès aux méthodes existantes telles que le préservatif féminin peuvent se distinguer du plaidoyer en faveur des technologies futures comme les vaccins anti-VIH. Mais finalement, toutes ces formes de militantisme vont dans le même sens : la prévention des contaminations par le VIH et l’arrêt de l’épidémie de sida. Il faut réfléchir aux moyens de surmonter les obstacles courants auxquels sont confrontées ces nouvelles méthodes de prévention, en reprenant les messages et les stratégies de plaidoyer utilisés pour faire avancer une série de technologies déjà disponibles ou sur le point de l’être.
Obstacle numéro un : le manque de ressources
L’obstacle le plus courant à la lutte contre le sida (ainsi qu’à la santé et au développement en général) est le manque de ressources. Les programmes internationaux de santé et de planning familial doivent lutter chaque année pour maintenir leurs financements à niveau, et à plus forte raison élargir et améliorer leurs services. Les choix des pays les plus pauvres en matière de santé sont déterminés par des budgets de santé extrêmement limités. Dans les pays industrialisés, les forces du marché ne permettent pas la distribution des biens de santé publique qui dès lors doivent être financés par le secteur public.
Mais…Grâce à la plus forte sensibilisation à la pandémie de sida dans les pays industrialisés, les potentialités de mobilisation de ressources plus conséquentes s’élargissent. Le financement de programmes mondiaux sur le sida par USAID (US Agency for International Development) a triplé ces quatre dernières années, en grande partie grâce à la mobilisation des militants pour une plus forte sensibilisation et une plus forte volonté politique au niveau du Congrès américain. Le Fonds Global pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, initié par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a un potentiel de mobilisation de milliards de dollars.
Ces nouvelles ressources devraient permettre de renforcer les réponses nationales au sida, par exemple en intégrant aux programmes de prévention l’approvisionnement en préservatifs féminins, leur introduction, et la formation des fournisseurs/distributeurs. Les fondations, en particulier la Fondation Bill et Melinda Gates, ont poussé plus haut la barre des financements de la recherche dans ce domaine, en octroyant des centaines de millions de dollars aux programmes de développement des vaccins, des microbicides et des choix de prévention pour les femmes.
MESSAGE A RETENIR: Il n’est plus acceptable de justifier l’échec d’une recherche active et d’une mise à disposition d’un large éventail d’outils de prévention par « le manque de ressources disponibles ».
Obstacle numéro deux : les inconnues scientifiques
La mise à disposition de préservatifs féminins entraîne-t-elle une réduction des taux de contaminations dans une communauté ou dans une population ? Les méthodes de barrière cervicale réduisent-elles les risques de transmission des IST pour les femmes ? Est-il possible de préparer une réponse immunitaire au virus qui attaque le système immunitaire lui-même ? Sans réponses définitives à ces questions, pourquoi continuer de militer en ne nous basant que sur des hypothèses ? Les décideurs politiques, les concepteurs de programmes et les donateurs écartent facilement des techniques prometteuses, soit parce qu’il n’existe pas de preuves qu’elles sont efficaces, soit parce que le succès d’un projet pilote ne se traduit pas forcément en succès quand il est appliqué à une plus large échelle.
Mais…alors que nos connaissances ne sont pas parfaites sur ces questions, certains éléments nous poussent à être plus optimistes que pessimistes. Les premiers efforts d’introduction du préservatif féminin ont remporté un succès mitigé, mais les succès comme les échecs ont été des expériences utiles qui nous ont conduits à un consensus sur les moyens à mettre en place pour que l’introduction d’une nouvelle méthode de prévention ait un impact. Nos connaissances sur la physiologie vaginale et sur l’acquisition du VIH chez les hétérosexuels sont incomplètes dans les champs de la virologie et de l’immunologie. Mais nos connaissances sur la vulnérabilité du col de l’utérus sont suffisantes pour justifier la conduite de recherches fondamentales et appliquées visant à déterminer si les méthodes de barrière cervicale peuvent réellement réduire les risques de contamination par le VIH chez les femmes. Malgré plusieurs déceptions, la recherche sur le vaccin anti-VIH avance à grands pas.
MESSAGE A RETENIR: Nos connaissances sont suffisantes pour justifier la recherche accélérée d’options de prévention. Les progrès peuvent, et doivent être faits, même en l’absence de connaissances parfaites.
Obstacle numéro trois : le parti pris des fournisseurs de soins
Plus la médecine a mûri, plus les fournisseurs de soins ont parié sur des solutions technologiques « fixes », plutôt que sur des interventions initiées par les individus. Les programmes de planning familial au niveau global se sont essentiellement axés autour des produits pharmaceutiques dont l’action est prolongée, tels que les contraceptifs oraux et les IUD, plutôt que sur des méthodes de barrière comme le préservatif ou le diaphragme. Les fournisseurs de soins peinent à croire que le public est capable d’utiliser des méthodes de barrière de manière assez régulière pour se protéger. A noter également que les méthodes de longue durée ou « en une fois »leur permettent d’assurer des services de planning familial et de prévention sans avoir à parler de sexe avec leur public.
Mais…Les programmes de planning familial commencent à reconnaître qu’ils doivent se concentrer sur des méthodes à double protection pouvant protéger à la fois des grossesses et des IST, dont le VIH. Les difficultés rencontrées par les femmes pour utiliser des méthodes de barrière peuvent être dépassées grâce à de nouveaux concepts impliquant les femmes dans leur développement et prenant en compte leurs préférences et leurs besoins.
MESSAGE A RETENIR: les fournisseurs de première ligne doivent prendre conscience de l’évolution récente et future de la prévention du VIH et être préparés à répondre aux besoins de leurs clients avec une gamme de choix et de stratégies.
Ce qui peut être fait
Ces obstacles peuvent être surmontés, grâce à un plaidoyer ciblant des publics différents. Par exemple :
- Sensibilisation du public pour accroître la demande en choix de prévention et la faire connaître
- Plaidoyer auprès de donateurs afin de financer l’introduction et la programmation du préservatif féminin, des méthodes de barrière et d’autres technologies, à mesure qu’elles deviennent disponibles.
- Faire monter la pression sur les concepteurs de programmes afin qu’ils élargissent leurs programmes à de nouveaux choix de stratégies de prévention
- Militer auprès des décideurs et des leaders politiques pour qu’ils financent la recherche sur les nouveaux choix de prévention et leur développement