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Comment fonctionne un microbicide?
Il peut y avoir plusieurs réponses à cette question, selon le microbicide dont on parle. En fait, le mot "microbicides" renvoit à toute une gamme de produits élaborés pour prévenir la transmission du VIH et d'autres pathogènes sexuellement transmissibles, lorsqu'ils sont appliqués dans le vagin ou dans le rectum. Cependant, les microbicides ont cinq mécanismes d'action fondamentaux.
Le VIH et les pathogènes des IST peuvent attaquer l'organisme de plusieurs manières. Un microbicide efficace contribuera à empêcher ces infections en stoppant une ou plusieurs étapes de cette attaque. Les microbicides actuellement en développement agissent selon un ou plusieurs des schémas suivants :
1. En tuant ou en désactivant les pathogènes. Certains microbicides agissent en décomposant la surface ou l'enveloppe du virus ou des bactéries pathogènes.
2. En créant des barrières physiques. Les microbicides pourraient agir en créant des barrières entre les pathogènes et les cellules fragiles de l'épithélium (paroi composée de couches superposées de cellules) vaginal ou rectal.
3. En renforçant les défenses normales de l'organisme. L'organisme possède certains mécanismes naturels de défense que les microbicides pourraient compléter ou stimuler par certains microbicides. Le lactobacillus, par exemple, est une "bonne" bactérie, naturellement présente dans l'organisme, qui contribue à protéger le vagin en préservant son environnement acide. Cette acidité naturelle aide à entretenir un environnement inhospitalier pour beaucoup de pathogènes, dont le VIH. D'où l'idée d'explorer la possibilité qu'un microbicide assure cette fonction pour soutenir les lactobacillus.
4. En inhibant l'entrée virale. Certains microbicides s'attachent aux virus et aux bactéries afin de les empêcher de s'attacher à des cellules saines et d'aller en infecter d'autres.
5. En inhibant la réplication virale. Certains candidats microbicides sont en train d'être développés à partir des médicaments antirétroviraux que prennent les personnes séropositives pour réduire les quantités de VIH dans leur organisme. Sous la forme de gels ou de crèmes, ces médicaments auraient la capacité d'inhiber la réplication du VIH ayant pénétré dans le vagin ou dans le rectum lors des rapports sexuels. Si cela se vérifiait, ces microbicides pourraient réduire les risques de contamination ou de surcontamination (pour ceux qui sont déjà séropositifs) chez les utilisateurs de microbicides.
A la longue, les produits microbicides combineront probablement une ou plusieurs de ces approches.
Etudes cliniques sur les Microbicides
Comme toute nouvelle technologie ou tout nouveau médicament, les candidats microbicides sont testés d'une manière rigoureuse qui permet d'évaluer leur tolérance et leur efficacité. Ces tests commencent dans le laboratoire où les chercheurs déterminent si une molécule est capable de combattre le VIH et les IST, d'abord dans des éprouvettes, puis chez l'animal. Si les données de ces études démontrent que le produit testé est 1) potentiellement efficace contre les pathogènes et 2) relativement sûr (non irritant, en ce qui concerne les microbicides) chez l'animal, les essais cliniques chez l'homme peuvent alors débuter.
Les essais cliniques se font en trois phases :
Les essais de Phase I évaluent la tolérance du produit, qui est alors utilisé par un petit nombre de femmes non contaminées et prenant peu de risques, pendant quelques semaines.
Les essais de Phase II évaluent eux aussi la tolérance du produit, mais sur un plus grand nombre de femmes (dont certaines ont des facteurs de risque plus élevés) et pendant un laps de temps plus long. Quelques données préliminaires sur l'efficacité et la tolérance du produit peuvent être collectées.
Les essais de Phase III recrutent et suivent des milliers de personnes sur plusieurs sites, et vérifient que le microbicide empêche réellement la contamination par le VIH et les IST. Certains essais de phase II peuvent être transformés en essais de phase III, dès l'instant où leurs données montrent de bons résultats.
10 produits ayant des cibles et des mécanismes d'action différents sont actuellement évalués dans des essais cliniques dans le monde entier. Il est essentiel que plusieurs produits ayant des mécanismes d'action différents soient testés simultanément afin d'augmenter et d'accélérer la probabilité de trouver un microbicide efficace. Les différences entre les diverses pistes explorées aident à déterminer comment et par qui elles pourraient être utilisées. Par exemple, certains concepts de produits sont basés exclusivement sur l'écologie du vagin, alors que d'autres pourraient également assurer une protection contre la transmission rectale.