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Microbicides à usages rectal
A lire sur cette page :
• Qui en a besoin?
• Microbicides à usage vaginal et microbicides à usage rectal
• Questions de recherche
• Dernier point sur la recherche
• Ce que nous savons aujourd’hui
• Comment s’engager
Nous vous invitons à participer à une enquête très importante sur les lubrifiants utilisés pour la pénétration anale. Remplir le questionnaire demande moins de dix minutes (également disponible en anglais, espagnol, allemand, portugais et turc).
Pourquoi ? Á ce jour, l’innocuité des lubrifiants n’a jamais été testée préalablement à leur mise sur le marché. Mais les données d’une recherche qui seront bientôt disponibles – consultez le site www.irmwg.org – montrent que certains de ces produits couramment utilisés pour le coït anal sont moins sûrs que d’autres. En remplissant ce petit questionnaire, vous aiderez les chercheurs à définir quelle nouvelle série de lubrifiants doit être testée en priorité.
Qui a besoin des microbicides à usage rectal?
Aussi bien les hommes et les femmes hétérosexuels, que les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes pratiquent le coït anal pour le plaisir. Il arrive aussi que les hétérosexuels aient cette pratique pour éviter les grossesses ou « préserver la virginité ». Les rares études internationales disponibles à ce jour montrent que le coït anal est pratiqué dans le monde entier – les couples hétérosexuels ayant cette pratique dans de nombreuses cultures. Selon des enquêtes menées aux USA, 35 % des femmes hétérosexuelles ont pratiqué le coït anal à un moment donné de leur vie, et 6.7 % des couples hétérosexuels le pratiquent au moins une fois par mois.
Les partenaires sexuels « réceptifs » (femmes ou hommes) ont un risque d’être contaminés par le VIH 10 à 100 fois plus élevé que celui des partenaires « insertifs », au cours des rapports sexuels non protégés. Mais l’exposition à d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) comme les verrues génitales, l’hépatite B, la syphilis et la gonorrhée, est équivalente pour ces deux types de partenaires sexuels. Les préservatifs sont une protection efficace contre le VIH et ces autres infections, mais des millions de partenaires « réceptifs » n’arrivent pas à imposer le préservatif à chaque rapport sexuel, ou ne souhaitent pas le faire. Les microbicides à usage rectal pourraient avoir un rôle protecteur en l’absence de préservatifs, ou offrir une protection supplémentaire quand ceux-ci sont utilisés. Pour les personnes incapables d’utiliser des préservatifs ou ne souhaitant pas le faire, les microbicides à usage rectal pourraient être une alternative sûre et efficace de réduction des risques, surtout s'ils sont discrets et/ou s'ils stimulent suffisamment le plaisir sexuel pour inciter à leur utilisation régulière. De telles options sont essentielles si nous devons prendre en compte toutes les pratiques sexuelles les plus répandues et les besoins fondamentaux en outils de prévention du VIH et des IST, accessibles et contrôlables par leurs usagers.
Quelle différence entre les microbicides à usage vaginal et les microbicides à usage rectal?
Bien que plus de 30 microbicides potentiels soient actuellement étudiés dans la perspective d’un usage vaginal, il n’est pas encore possible de définir lequel d’entre eux sera adapté à un usage rectal. Le rectum et le vagin ont des structures et des écologies naturelles bien distinctes. Le vagin, par exemple, est une poche fermée, tandis que le rectum est une partie d'une cavité ouverte. Il se pourrait que la quantité de microbicide nécessaire pour une protection rectale véritable soit plus importante que celle qui est nécessaire pour assurer la protection vaginale. La paroi rectale est plus fragile que la plupart des tissus de la paroi vaginale. Elle est également plus riche en cellules porteuses de récepteurs CD4, particulièrement vulnérables à l’infection par le VIH. Ces facteurs augmentent encore la vulnérabilité rectale à l’irritation, aux lésions et à la contamination au cours des rapports sexuels.
Des chercheurs en quête de réponses claires
Bien que la plupart des recherches se concentrent sur l’usage vaginal des microbicides, les efforts de recherche sur les microbicides à usage rectal et leur développement prennent de l’importance.
Actuellement, des chercheurs tentent de répondre aux questions suivantes :
- Comment la transmission du VIH se produit-elle dans le rectum ?
- Comment concevoir les tests qui nous apporteront cette information essentielle ?
- Que devient le microbicide une fois qu’il est dans le rectum ?
- Quelle est la méthode d’application à laquelle les gens préféreront avoir recours ?
- Que se passe-t-il si un microbicide à usage vaginal (une fois disponible) est appliqué dans le rectum ?
- Est-il possible de concevoir un microbicide à usage rectal qui soit sûr et efficace ?
- Quelle concentration de produit fournit la plus grande protection sans endommager les tissus rectaux ?
La recherche sur les microbicides à usage rectal s’affirme
La recherche sur les microbicides à usage rectal et leur développement comprennent plusieurs types d’études qui commencent à apporter des réponses à certaines des questions mentionnées ci-dessus. Des études de définition des niveaux de référence (Phase 0) sont en cours pour déterminer les niveaux de base des lésions ou de l’inflammation se produisant dans le rectum au cours du coït anal typique. Par ailleurs, des études sur la diffusion des microbicides observent comment un microbicide se répand dans le rectum pendant et après les rapports sexuels : les premiers résultats suggèrent que quatre heures après les rapports sexuels, aussi bien le « sperme » que les « microbicides » peuvent remonter le côlon sur une distance de 60 cm.
Le premier essai clinique de Phase I va être mené par l’Université de Californie Los Angeles (UCLA) pour tester la tolérance et l’applicabilité d’un gel microbicide à usage vaginal, le UC – 781, à un usage rectal. Des essais de "tolérance masculine" sont en cours pour vérifier si le pénis et l’urètre souffrent d’irritation quand ils sont exposés à divers microbicides potentiels. Et des études d’acceptabilité ou des comportements commencent à apporter des réponses concernant les types de produits que les gens souhaiteraient et pourraient utiliser.
Pour en savoir plus sur ces recherches : www.lifelube.org
Que penser de l’usage rectal de microbicides à usage vaginal?
Il est essentiel que tous les microbicides à usage vaginal arrivant à la fin de leur évaluation clinique soient également testés par rapport à un usage rectal. En effet, il est très probable que certaines personnes essaieront de les utiliser pour le coït anal, dans l’espoir de bénéficier de leur protection potentielle à ce niveau. Un de ces produits pourrait être fiable pour un usage vaginal, mais très peu sûr pour un usage rectal – avec la possibilité d’une augmentation des risques de contamination. L’étude de la tolérance des produits à usage vaginal au niveau rectal est essentielle. En effet, tous ceux qui ne sont pas sans danger pourraient, si cela s’avérait nécessaire à la suite d’études, faire l’objet d’un avertissement en tant que tels et d’indications précises sur les possibles conséquences néfastes de leur usage rectal.
Ce que nous savons aujourd’hui
La manière avec laquelle les gens utilisent les lubrifiants peut nous donner beaucoup d’indications sur ce qu’ils attendent d’un microbicide à usage rectal
La plupart des personnes qui pratiquent le coït anal utilisent des lubrifiants. Nos connaissances du marché des lubrifiants et des facteurs qui favorisent l’acceptabilité d’un produit doivent être transmises aux personnes impliquées dans le développement des microbicides à usage rectal acceptables, sûrs et efficaces, lorsqu’ils sont utilisés dans la « vie réelle ».
Le Nonoxynol-9 est déconseillé en tant que microbicide à usage rectal
Validé en tant que spermicide par les autorités, le Nonoxynol-9 (N-9) est la substance active contenue dans la plupart des produits de contrôle de naissances en vente libre. Il a été ajouté aux lubrifiants à usage sexuel quand des études ont montré qu’il tuait le VIH et les spermatozoïdes. Dans une étude américaine, 41 % des hommes utilisant des lubrifiants pour le coït anal ont déclaré acheter ceux qui contiennent du N-9 parce qu’ils étaient persuadés que ces produits réduiraient leur risque de contamination par le VIH.
Malheureusement CECI EST FAUX. Le N-9 peut irriter les tissus vaginaux et rectaux, facilitant ainsi la pénétration du VIH dans le sang circulant du partenaire sexuellement « réceptif ». Dans une étude conduite par le Population Council, les lubrifiants contenant du N-9 ont montré qu’ils pouvaient arracher les cellules de surface de la paroi rectale, augmentant ainsi la vulnérabilité de celle-ci à l’infection par le VIH. C’est pour cette raison que le Population Council, les CDC et beaucoup d’autres autorités de santé déconseillent fortement d’utiliser des lubrifiants contenant du N-9 au cours du coït anal.
Rien ne prouve que les lubrifiants aujourd’hui en vente libre aient une activité microbicide
Des chercheurs ont vérifié si les lubrifiants disponibles en vente libre dans les pharmacies et les sex-shops pourraient avoir une activité microbicide. Trois de ces produits ont montré qu’ils tuent le VIH dans les éprouvettes. Cependant, comme ces trois produits, les lubrifiants rencontrés dans le commerce contiennent des conservateurs, des parfums et d’autres substances qui peuvent provoquer des irritations s’ils sont utilisés régulièrement et/ou en grande quantité.
Il n’existe encore aucune donnée pouvant démontrer quels lubrifiants peuvent être utilisés sans risques et lesquels ne doivent pas l’être. Comme nous l’avons appris avec le N-9, il est dangereux d’émettre des hypothèses sur l’innocuité et l’efficacité d’un produit avant que les recherches sur celui-ci soient conclues. Il n’existe aucune preuve que les lubrifiants vendus librement aujourd’hui sont sûrs et efficaces s’ils sont utilisés en tant que microbicides.
Nous avons besoin de microbicides à usage rectal sûrs et efficaces. C’est maintenant qu’il faut les développer!
Des obstacles biologiques, socio culturels et politiques considérables ont entravé les recherches sur les microbicides sûrs et efficaces dont nous avons besoin, et leur développement. Mais nous ne devons pas retarder les efforts de développement de ces produits dont la nécessité est urgente. L’escalade des nouvelles contaminations par le VIH et les IST qui résultent du coït anal non protégé témoigne de l’insuffisance des préservatifs comme seuls outils de prévention. Il est temps que les personnes des deux sexes, sexuellement "réceptives", aient accès à des méthodes pouvant être contrôlées par elles. Il est grand temps de pouvoir disposer de microbicides à usage rectal !
Comment militer pour l’obtention de ces produits
Le Groupe international de travail sur les microbicides à usage rectal est une coalition composée de plus de 500 militants, décideurs politiques et chercheurs provenant de 35 pays des 5 continents qui s’emploie à faire progresser un programme solide de recherches sur ces produits, et de développement. Pour vous impliquer, abonnez-vous à la liste de diffusion du groupe ou informez-vous en visitant le site www.irmwg.org ou en contactant Jim Pickett : jpickett@aidschicago.org
Pour obtenir des informations plus détaillées, visitez notre centre de téléchargement et consultez notre Fiche d’Information # 6 sur les microbicides à usage rectal, disponible en plusieurs langues : anglais (USA et Royaume-Uni) – Espagnol – Français - Russe